24/07/1914 – Lettre de Maxime à Camille

Maxime Zaleski est tout à sa joie d’être licencié en droit. Il termine enfin ses études et souhaite prendre des vacances méritées, avant de partir au service militaire (il sera incorporé le 11 août 1914). Pour lors, la guerre n’est pas encore déclarée, elle gronde et menace « seulement ». Maxime s’inquiète plutôt de la santé de son frère Camille, qui est éloigné des siens étant élève à l’Institut National agronomique de Grand-Jouan, à Nozay (Loire-Atlantique).
Paris,
Mon cher Kinkin,
D’abord, je te demande de tes nouvelles. Cette blessure au genou m’inquiète ; il ne faut pas blaguer avec ça, la rotule vous joue souvent de méchants tours. Aussi veille bien. Use surtout d’iode, et carrément. Et puis voyons, tu n’es pas en pays perdu, il y a bien un médecin ou un rebouteur quelque part dans les environs, qui pourrait se déranger pour 5 francs. Ne risque rien ; et ne te fie pas à un simple pharmacien de village. Il n’y a donc pas de médecin attaché à l’établissement ?
Donc donne-nous de tes nouvelles. Et maintenant en voici de nous. Je viens d’être reçu licencié en droit. C’est fini. J’en ai fini avec l’université, et sans accroc. C’est bien et c’est pas trop tôt. Tout le monde ici est dans la joie et moi plus que tout autre, quoique mon crâne soit en compote. Nous partons mardi pour le Jura suisse. On écrira de là-bas. Courage et bons baisers.
Maxime.
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