09/01/1915 – Lettre d’amis de Maxime

Maxime reçoit une lettre de deux de ses amis (G. Berger et L. Callou) côtoyés à la garnison de Chartres, qui viennent d’arriver à la garnison de Dreux. Ils évoquent des soucis d’hébergement et d’intendance. La tristesse de la ville de Dreux leur fait regretter la belle Chartres et sa cathédrale.
Berger GastonHôtel de France – Dreux Mon cher ami, nous voici arrivés dans notre nouvelle garnison. Tout s’est fort bien passé. On ne nous a fait aucune difficulté à notre arrivée à Paris, pas plus d’ailleurs qu’à notre départ. Quant au 101e, c’est un régiment d’allure charmante. Nous avons vu le commandant du dépôt, commandant major, capitaine et lieutenant. Nous sommes affectés l’un à la 27e, l’autre à la 28e Compagnie : ces deux compagnies n’en forment qu’une, composée de jeunes soldats et commandée par un seul capitaine. Elles se composent de 1300 hommes et il y a en tout un lieutenant et trois sous-lieutenants. Nous ne sommes pas de trop. On nous a dit carrément de coucher en ville, tout au moins jusqu’à nouvel ordre. Nous avons vu le capitaine. La question de remboursement d’effets reste pendante : on demande au 101e des renseignements à l’intendance, mais nous tiendrons bon. Savez-vous sur qui nous sommes tombés ici en arrivant ? Sur M. le Commandant Inspecteur des Dépôts et son automobile : heureusement, il part lundi. Il a d’ailleurs, parait-il, voté des félicitations au 101e et blâmé le 67e (car c’est ici qu’est le 67e). Pourvu qu’il aille faire un petit tour à Chartres : vous seriez jaloux ! Notre caserne est perchée très haut au-dessus de la ville. Pour la gagner, il faut monter 150 marches. Je suis certain qu’on aperçoit de là la cathédrale de votre belle ville de Chartres. Quant à la ville de Dreux, c’est un petit patelin d’allure banlieusarde. Adieu, bonne poignée de main. Votre G. Berger.
Berger me passe la plume afin que je tienne la promesse que je t’ai faite dans le train. Quel trou que Dreux ! Encore plus terrible que Laval ! Enfin, espérons que nous ne resterons pas là indéfiniment. Tu m’avais promis une copie de… « Telle qui caressant… en souvenir de toi ». Envoie-moi donc ce poème de Mallarmé, cela me fera plaisir. Amuse-toi bien à Chartres, et bonne chance si tu pars prochainement. L. Callou.
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