14/02/1915 – Journal intime de Maxime

196e jour de guerre. Immense solitude. Moral défaillant. Maigres festins. Parties de cartes. Messe. Toujours pas de lettres. Et au loin gronde toujours le canon.
Dimanche 14 février. Je m’ennuie toujours et autour de moi le moral est plus mauvais encore. Ça tient sans doute à la bidoche et aux maigres festins que nous faisons ici. De la boue, à en rôtir. Je me couche dans la paille parmi mes poilus. Les sous-officiers heureusement m’accueillent, car les officiers ne me sourient guère.
Bonne matinée. La messe, où on se rue. Et puis les bêtises, les bêtises, râteliers d’armes, feuillées, etc. Ça dégoûte d’être militaire.
Je m’ennuie ; heureusement, on se réunit entre aspirants. On est mieux. Partie de whist, partie de manille dans une maison à patronne bien débonnaire. On joue. Cela m’empêche de penser. Quoique ta Pologne m’inquiète et que je songe à elle.
Perdu, je suis perdu dans ma complète solitude. Quelle vie ! Quand reviendront les jours de répit ? On s’ennuie, le canon gronde là-bas.
Vêpres. On chante. Ça remue ces chants plaintifs catholiques et français. Toujours la foi, et je dis je la comprends. Oui, ces pauvres loques humaines ont raison de se plaindre. Mais moi, moi, je tiendrai bon, seul, jusqu’au bout.
À quand des lettres ? Je m’ennuie. Je soupire à me jeter dans la fournaise.
Le soir, bonne rencontre. Les officiers du 124e RI, Guillereau et Rébillon [Jean-Baptise Marie – Sergent-Major – Tué à l’ennemi le 25 septembre 1915]. C’est parfait. Je ne suis plus si seul.
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