19/02/1915 – Lettre de Camille à Denis

Camille écrit enfin une longue lettre à son oncle, où il détaille les étapes de sa grippe, puis de sa bronchite, survenues coups par coup. Ensuite, il s’applique à expliquer les différentes phases du creusement et de l’aménagement d’une tranchée et de ses marches de nuit. Il pense à ses frères qui sont au front, et s’imagine qu’il leur serait agréable de recevoir du courrier.
Portrait de Camille Mon cher oncle,
Je suis maintenant à peu près rétabli. J’ai attrapé voilà une quinzaine de jours une grippe. Je me suis reposé quelques jours et j’ai repris mon service ; mais je suis retombé malade le lendemain avec une forte fièvre et une toux qui me faisait bien souffrir de la poitrine. Enfin, petit à petit, le calme est revenu, et je suis maintenant à peu près rétabli. J’ai repris mon service.
Vous voyez qu’il n’y a pas lieu de vous inquiéter, cette bronchite n’aura pas de causes funestes, elle a été soignée à temps. Je fais maintenant bien attention à ma santé.
Notre instruction avance. Nous faisons maintenant comme travaux de campagne des tranchées de 2 m de largeur, de profondeur d’homme, avec de chaque côté une banquette pour permettre au tireur de s’assoir. Ces tranchées seront recouvertes de rondins de bois puis de brins plus menus, puis de brindilles et nous recouvrerons tout cela de 40 cm de terre. Ce sera une véritable tranchée comme il y en a au front en 2e et 3e ligne où le soldat est complètement à l’abri des obus ennemis. Mais nous y travaillons deux fois par semaine. Nous avons fait hier soir une marche de nuit. Cette marche doit se faire dans le plus grand silence en évitant tout bruit de baïonnettes et de pas avec interdiction de fumer. Ces marches de nuit sont assez pénibles.
J’espère que vous êtes en bonne santé ainsi que ma cousine.
C’est bien terrible de songer que notre cher Maxime et Charles sont sur le front. Espérons qu’ils nous seront rendus valides.
Pour Marius, il est triste qu’il parte au feu en laissant une si nombreuse famille. Espérons que, lui aussi, sera rendu aux siens.
Le froid est toujours vif, ici, et nous avons encore beaucoup de neige.
Je vais écrire à Maxime ainsi qu’à Charles : cela doit faire tant de plaisir de recevoir une lettre sur le front.
Je vous embrasse affectueusement ainsi que ma cousine.
Votre neveu. Camille Zaleski.
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