07/06/1915 – Lettre de Camille à Denis

Une carte panoramique de Pontarlier sur laquelle Camille a écrit les différents lieux qu’il connaît maintenant très bien : le camp des Pareuses, en haut à droite de la carte ; le premier trait à l’extrême droite indique la baraque qu’il occupe, le second est la baraque habitée par les élèves-caporaux. Puis, viennent la route de Morteau, l’église, la gare, le village de Doubs… Puis le temps a effacé l’encre bleue. Bien que panoramique, Camille n’a pas eu assez de place, au point d’écrire et à l’horizontale et à la verticale. Il loue l’air pur et la beauté du paysage, il y trouve là peut-être la sérénité dont tout homme a besoin se sachant en sursis. Dans l’attente suspendue d’aller au feu, il instruit la classe 1916, constituée de soldats qui lui semblent bien mal préparés à la vie ardue du militaire.

Panorama de Pontarlier

Panorama Pontarlier - Texte

Portrait de Camille Pontarlier
Mon cher oncle, ma chère cousine,
J’ai reçu votre lettre hier. Vous voyez que, comme nous l’avions prévu, Henri a attrapé la rougeole ; il a mieux valu, pour sa santé, que Jeanne ne séjourne pas à La Rochelle.
La classe 1916 est arrivée ici, voilà bientôt huit jours, quelques-uns sont assez forts, mais en général la plus grande partie de cette classe paraît bien jeune, bien impropre à effectuer le travail fatigant du soldat de nos jours. Ils sont, par contre, très bien soignés. Leur nourriture est très bonne et leurs lits sont beaucoup mieux aménagés que ne l’étaient les nôtres. Ils sont dociles et le travail d’instructeur m’est bien facilité.
Je vous envoie une vue panoramique de Pontarlier. Vous pourrez constater la beauté du paysage qui nous entoure, ces monts couverts de grands sapins et qui s’élèvent jusqu’à 1 200 et 1 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Vous voyez sur cette carte combien la forêt de sapins est peu éloignée du camp. Dans mes instants de loisirs, j’y vais faire de fréquentes promenades. La température y est considérablement adoucie pendant la journée en raison de la grande hauteur de ces arbres. L’air y est sain et pur, et contribue largement à me fortifier.
J’espère que le beau temps aidant, votre santé s’améliore de jour en jour. Il doit être, en effet, assez difficile de trouver un appartement à louer en ce moment. Enfin, j’espère que d’ici peu vous aurez entière satisfaction là-dessus.
Envoyez-moi, s’il vous plaît, cousine, quelques-unes des photos que vous avez tirées lors de mon court passage à Paris. Je serais curieux de savoir ce qu’elles ont donné.
Je vous remercie, mon cher oncle, pour votre généreuse offre d’hospitalité, et si je puis obtenir quelques congés au 14 juillet ou en un autre moment, je ne manquerai pas d’y répondre avec joie.
Je vous embrasse affectueusement, votre neveu et cousin qui vous aime. Camille.
Je n’ai pas encore reçu de carte de Charles depuis que je vous l’avais signifié à Paris.
Meilleure santé pour mon oncle Charles et bons baisers pour lui.
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