11/10/1915 – Lettre de Camille à Denis

Pour Camille, c’est le baptême du feu… Son oncle le presse de lui dire ses impressions. Il se veut rassurant : « Il faudrait de la malchance pour que suis sois touché ».
Portrait de CamilleLe front, Oostduinkerke (Belgique)
Chers parents,
Tout d’abord mon cher oncle, je vous souhaite une bonne et heureuse fête et espère pouvoir vous le souhaiter ainsi pendant de longues années. Vous excuserez, je vous prie, mon léger retard, mais je reviens cette nuit même des tranchées de 1ère ligne, où je viens d’y tirer 4 jours.
Je viens de recevoir votre carte-lettre. Vous dire mes impressions… Elles sont nombreuses et diverses. Je ne puis vous les mentionner maintenant, ce serait trop long. Tout ce que je puis vous assurer, c’est que j’ai eu quelques frayeurs, surtout les deux premiers jours. Enfin, on s’y fait. Les obus ne vous font presque rien, à plus forte raison les balles. Enfin, je suis prévenu, par ce peu de pratique au combat, contre toute imprudence ou ignorance au danger ; il faudrait de la malchance pour que je sois touché.
J’espère que vous êtes tous deux en bonne santé. La mienne est excellente, ainsi que celle de René (Bador) qui est toujours à mes côtés. Il me charge de le rappeler à votre bon souvenir.
Vous aussi, chers parents vous me manquez beaucoup, non seulement à 18 heures, mais à toute heure du jour. J’ai vu Charles jeudi dernier. Je dois le voir demain.
Recevez mes chez parents les meilleurs baisers de votre Camille.
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