02/02/1916 – Mort de Camille

Paul Giraud répond à Denis qui demande encore plus de détails. Il se plie avec bonne volonté et promet même de lui rendre visite lors de sa prochaine permission en avril. Dans cette lettre, il indique l’emplacement de la tombe et assure qu’il ira la fleurir, à moins d’y être enterré.
Belgique
Monsieur,
J’accuse réception de votre lettre du 2 février. Je ne puis pas vous donner beaucoup plus de renseignements que je ne l’ai fait. Tout s’est tellement vite passé qu’il n’y a rien à raconter.
Voici. Le bombardement du 24 janvier commença à 11 heures du matin avec une très grande violence. Au bout d’une heure, 2 obus de 150 sont venus s’abattre sur la cagnac où se trouvaient Zaleski, Bador et leur caporal. Ils ont été tués tous trois sur le coup, sans qu’ils aient eu le temps de pousser un cri. Je suis sorti cinq minutes après pendant dix minutes que le bombardement avait cessé, aucun des trois ne respirait plus. Zaleski avait une plaie à la tempe gauche et les deux jambes cassées ; Bador était blessé au cou et au ventre. Je les ai dégagés de l’abri dans la nuit du 24 au 25. Il était impossible de le faire avant tant le bombardement faisait rage. Le bombardement se déroulait entra la mer et le mamelon vert. Jamais il n’y avait eu de bombardement de ce calibre-là dans le secteur. Ma compagnie se trouvait en face de  Lombaertzyde à l’endroit appelé Éclusette. Et Zaleski a trouvé la mort aux abris qui sont entre la 1ère ligne et l’Éclusette.
La tombe est à l’entrée de Nieuport-Bains du côté de l’église, elle porte le numéro 226 et non 1050, comme je l’avais dit sur ma précédente lettre. Il est enterré à côté de Bador.
Je soignerai toujours la tombe tant que je serai là, à moins que je n’aille les rejoindre.
Le caporal Rodzinski est toujours là ; il vient d’être nommé sergent. Je lui ai donné votre adresse ainsi que votre oncle me l’avait demandé.
Je pense venir pour mon 2e tour en permission au mois d’avril. Je vais chez mes parents à Paris, et vous ferai prévenir quand je pourrai passer vous voir.
Croyez, monsieur, à ma sincère amitié.
Paul Giraud.
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