13/12/1915 – Lettre de Denis à Camille

Denis donne des nouvelles de Charles qui doit repartir, cette fois-ci à Cherbourg, puis revenir et repartir à nouveau pour une destination inconnue. Il raconte combien on est fiers de sa Croix de guerre. Il a hâte que Camille ait enfin une permission. Dans cette attente, il lui souhaite un bon courage et de la patience.
Portrait de Denis Mon cher Camille,
Charles est encore à Paris jusqu’à demain, il partira à Cherbourg et reviendra avec une permission de 6 à 7 jours pour repartir ensuite définitivement, il ne sait pas où encore. Nous l’attendons aujourd’hui pour lui dire au revoir, il est 3 heures, il n’est pas encore là. Hier, nous avons été avec lui chez les Birmann qui l’ont beaucoup gâté et l’ont félicité pour sa Croix de guerre. Il a été également à Saint-Germain-en-Laye voir Henriette et les enfants.
Émilia, Émile et Dédé nous ont écrit qu’ils arriveraient demain mardi pour voir Charles, mais je crois qu’il sera trop tard, car il doit partir demain à 10 heures du matin à Cherbourg.
Écris-moi si tu as reçu les objets envoyés par Banoun et l’alcool solidifié avec un crayon à encre par la poste. Bohdane t’enverra un colis plus gros pour Noël.
La température est devenue plus clémente, mais la pluie a dû être très abondante en Belgique comme ici et tu as dû en souffrir.
Nous espérons bien que tu viendras en permission dans quelques mois, car on voit depuis quelque temps beaucoup de permissionnaires et ton tour ne manquera pas de venir. Courage et patience, mon cher Camille, et bons baisers de nous deux et de Charles. Ton oncle, Denis.
Nous pensons bien à toi. Jean va mieux, il espère bien te voir quand tu viendras en permission.

Je t’embrasse tendrement, mon cher Camille, Courage, Bohdane.

27/06/1915 – Lettre de Camille à Denis

Encore un contre-ordre ! Camille ne part plus au 158e RI, mais il est caserné à Paris. Plus étonnant, alors qu’il était habillé de neuf, on l’a complètement déséquipé. Étant libre de ses mouvements, Camille espérait voir son oncle à son domicile, mais celui-ci est toujours au Vésinet (allée du Levrier), en visite chez les Birmann.
Portrait de CamilleParis, 20e arrondissement,
Mon cher oncle,
Je suis maintenant à Paris au 4e Zouave, 3e Compagnie, caserne des Tourelles, 20e arrondissement. Nous étions prêts à partir au 158e le vendredi 26 à 5 heures lorsqu’un contre-ordre nous est parvenu jeudi dans l’après-midi. On nous a donc entièrement déséquipés et nous sommes partis vendredi à 11 heures pour Rosny-sous-Bois, puis Paris.
Je suis allé Boulevard Saint-Michel, hier soir. Bien entendu je n’ai trouvé personne, mais la concierge m’a donné votre adresse. Vous me préviendrez donc, je vous prie, de votre rentrée à Paris, afin que je puisse aller vous voir, si toutefois je suis encore là.
J’espère que vous êtes tous deux en bonne santé, la mienne est excellente.
Mes civilités à M. et Mme Birmann et recevez ainsi que ma cousine de bons baisers de Camille.

22/06/1915 – Lettre de Jeanne à Camille

Jeanne se languit de recevoir des nouvelles et de Camille. Elle lui signale que l’oncle et la cousine sont en visite chez des amis au Vésinet pour quelques jours. Ah ! Que dire lettre après lettre, laissée sans réponse, au risque de se répéter ? Jeanne se répète, et se désole de ne rien recevoir… Sa santé est meilleure, mais plus le temps passe plus la tristesse la gagne et plus la crainte l’étreint.
JeanneMatha,
Mon bon petit Camille,
Vite quelques mots qui puissent partir ce soir. As-tu reçu mes cartes ? Je trouve le temps long de ne rien recevoir de toi. Ne tarde plus à me dire comment tu vas et ce que tu fais. À chaque instant du jour, je pense à mes petits frères si loin de moi, et c’est si triste de songer qu’ils mènent une si dure vie, que je ne peux les soulager, les dorloter un peu ! Les lettres seules apportent quelque consolation ; n’est-il pas vrai, petit Camille ? Aussi, écris vite. As-tu reçu les photos ? Bohdane m’a dit te les avoir envoyées. Bonne cousine, toujours empressée à nous faire plaisir ! Ils doivent être actuellement, tonton et elle, chez les Birmann au Vésinet pour quelques jours, mais je n’en suis pas certaine, n’ayant pas reçu de leurs nouvelles depuis pas mal de temps. Ils ne vont pas tarder à m’écrire, j’espère. J’ai vu jeudi Émilia et les enfants, tous sont bien portants. Je suis en meilleure santé… Reçois, mon petit frère, les affectueux baisers de ta sœur Jeanne.