16/02/1915 – Lettre de Denis à Camille

Denis s’inquiète sérieusement à la réception de la courte missive de Camille, et s’interroge d’autant plus sur sa santé qu’il craint être mauvaise. Il redouble de conseils pour qu’il ne prenne pas froid. Charlot ne s’est-il d’ailleurs pas enrhumé dans les tranchées ? Jusqu’à présent, le froid est la première préoccupation.
Portrait de Denis Mon cher Camille,
Comment vas-tu ? Ton indisposition est-elle passée ? Donne-nous de tes nouvelles, car à distance et dans l’ignorance de ton malaise, nous nous inquiétons. Écris-nous sans retard ou si tu es malade, prie un de tes camarades de m’écrire.
Maxime est en marche dans l’Est, nous ne savons pas où il se trouve, il entend déjà gronder le canon. Pour lui écrire, il faut adresser à « Dreux (Eure-et-Loir), aspirant au 101e RI Bataillon de marche, 15e Compagnie, faire suivre ».
Charlot m’a écrit ce matin, il est en première ligne dans les tranchées, il a déjà fait le coup de feu, il est enrhumé et il se plaint du froid qui est très vif dans ces régions.
Fais attention d’être bien couvert et évite de sortir le soir, il vaut mieux que tu restes dans ton cantonnement et ne pas d’exposer à l’air si froid du soir.
Bohdane se joint à moi pour t’embrasser tendrement. Écris souvent.
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02/02/1915 – Lettre de Denis à Camille

Denis gronde tendrement Camille de ne pas lui avoir fait savoir plus tôt ses besoins vestimentaires. Il parle de son inquiétude pour Charlot et pour le cousin Bernard Okinczyk qui ne donne pas de nouvelles alors qu’il écrit parfois deux fois par jour. En fait, après avoir espéré qu’il a été fait prisonnier, ils apprendront son décès au combat à Aix-Noulette, dans le Pas-de-Calais, le 25 mai 1915.
Portrait de DenisMon cher Camille,
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour faire savoir que tu n’avais pas de chaussettes de laine ? Je t’envoie aujourd’hui un mandat-carte de 10 francs et un paquet par la Poste contenant deux paires de chaussettes en laine et deux serviettes, demain je t’enverrai encore une paire de chaussettes et une ceinture de laine que Bohdane va te tricoter aujourd’hui. Pour avoir plus chaud, il faut que tu mettes d’abord une chaussette de coton et par-dessus uneMandat-lettre chaussette en laine, de cette façon tu ne sentiras pas le froid, tout le monde le fait et moi aussi par ces temps humides et froids, j’en fais de même. Si tu as besoin de quelque chose encore, écris-le-moi franchement. Je ne puis te laisser exposer au froid si vif qui sévit dans vos régions. Mais si tu supportes bien cet air froid et vivifiant, cela te fera beaucoup de bien.
Maxime quitte Chartres demain (mercredi), il va partir au feu, il n’a pas pu obtenir de permission pour Paris. Tu comprends combien nous allons être inquiets de le savoir maintenant exposé au feu.
Je n’ai pas reçu de nouvelles de Charlot, du moins depuis quelques jours. Je ne sais pas où il se trouve. Nous sommes inquiets au sujet de Bernard, il n’a pas écrit depuis le 25 janvier, lui qui nous écrivait chaque jour et parfois même deux fois, il se trouvait en premières lignes dans les combats de Berry-au-Bac et de Craonne. Bohdane se joint à moi pour t’embrasser tendrement. Accuse-moi réception de l’envoi du mandat-carte et des chaussettes, je les envoie en deux paquets. Ecris souvent.