10/09/1915 – Lettre de Camille à Denis

Le genou de Camille le fait souffrir. Ce n’est pas nouveau, cette douleur articulaire le rappelle à l’ordre depuis l’adolescence. Les longues marches quotidiennes ont dû favoriser l’inflammation. Du coup, il est exempté de service, mais ne peut sortir de la caserne ! Il espère être rétabli pour le dimanche suivant. Apparemment, libre de ses mouvements ce jour-là, il rend visite à sa famille. Et il en profite, car il sait bien que de durs moments se profilent à l’horizon du front.
Portrait de Camille Paris, Les Tourelles,
Mon cher oncle,
Le mal de mon genou ne s’étant pas amélioré ce matin, je me suis fait porter malade. Je ne sais encore combien de jours le major m’exemptera de service. Je tâcherai de vous le faire savoir. J’espère que cela sera vite guéri et que je pourrai vous revoir dimanche prochain. Ne me sentant pas capable de faire la marche, il est certes préférable de m’être fait porter malade…
Je vous remercie, cousine, pour les bons soins que vous m’avez donnés hier. J’ai conservé la bande cette nuit ; je sens qu’elle me fait du bien, elle me soutient bien le genou.
Au revoir, mon cher oncle, ma chère Jeanne et ma bonne cousine. Recevez les baisers affectueux de Camille.
À dimanche, je l’espère.

13/08/1915 – Lettre de Camille à Denis

Pont Alexandre III
Une belle petite carte de Camille pour informer son oncle qu’il est de garde jusqu’au samedi soir… Le magnifique Pont Alexandre III, tout en couleur et… sans une seule automobile !
Portrait de CamilleParis, 20e arrondissement,
Mon cher oncle,
Je suis de garde jusqu’à samedi soir ainsi que je vous l’avais annoncé. Suis au poste des Tourelles au lieu d’être aux Buttes Chaumont. J’espère que vous êtes tous en bonne santé. Pour moi, tout va bien. À samedi soir, donc. Bons baisers à tous.
Camille.

27/06/1915 – Lettre de Camille à Denis

Encore un contre-ordre ! Camille ne part plus au 158e RI, mais il est caserné à Paris. Plus étonnant, alors qu’il était habillé de neuf, on l’a complètement déséquipé. Étant libre de ses mouvements, Camille espérait voir son oncle à son domicile, mais celui-ci est toujours au Vésinet (allée du Levrier), en visite chez les Birmann.
Portrait de CamilleParis, 20e arrondissement,
Mon cher oncle,
Je suis maintenant à Paris au 4e Zouave, 3e Compagnie, caserne des Tourelles, 20e arrondissement. Nous étions prêts à partir au 158e le vendredi 26 à 5 heures lorsqu’un contre-ordre nous est parvenu jeudi dans l’après-midi. On nous a donc entièrement déséquipés et nous sommes partis vendredi à 11 heures pour Rosny-sous-Bois, puis Paris.
Je suis allé Boulevard Saint-Michel, hier soir. Bien entendu je n’ai trouvé personne, mais la concierge m’a donné votre adresse. Vous me préviendrez donc, je vous prie, de votre rentrée à Paris, afin que je puisse aller vous voir, si toutefois je suis encore là.
J’espère que vous êtes tous deux en bonne santé, la mienne est excellente.
Mes civilités à M. et Mme Birmann et recevez ainsi que ma cousine de bons baisers de Camille.