06/05/1915 – Lettre de Jeanne à Camille

La santé de Jeanne est vacillante au point tel qu’elle est obligée de laisser sa classe pour se reposer une vingtaine de jours. Elle est à Paris, chez son oncle Denis. Mort ou disparu, que croit-on vraiment ? Marius a bien parlé de décès de Maxime ; or toute la famille parle de disparition et d’espoir…
Jeanne La Rochelle,
Mon cher petit Camille,
Je suis à Paris depuis 2 jours pour quelque temps, sans doute une vingtaine de jours ; me trouvant un peu fatiguée, on m’a permis de laisser ma classe un peu de temps. Ignorant si tu étais toujours à Pontarlier je ne savais pas où t’écrire.
Nous avons reçu hier la visite de Madame Albert. Quelle bonne idée tu as eu de l’envoyer ici, elle nous a donné de tes nouvelles de vive voix. Elle nous a dit que tu avais passé un moment avec eux et que ta santé était excellente. Son fils, dit-elle, est ton chef d’escouade, caporal sans doute.
Tu va partir, soit courageux mon frère chéri, mais sois prudent, je t’en prie, ne t’expose pas inutilement, reviens-nous. Votre pensée ne nous quitte pas, je pris pour vous… Je t’embrasse affectueusement. Tonton et cousine me chargent de t’embrasser.
Tu vas partir, notre angoisse va encore augmenter. Écris très très souvent alors, ne serait-ce qu’un mot à l’un de nous.
Nous avons eu hier des nouvelles de Charles, sa lettre est du 27. Il s’est battu pendant 15 jours sans repos, le pauvre petit est très fatigué. Cependant, après 2 jours d’arrêt, il doit reprendre, il a dû écrire à tout le monde. Tu auras aussi des nouvelles, sans doute. Nous sommes très attristés au sujet de notre Maxime. Écris souvent, nous avons tant de chagrin. Il faut être courageux ! Jeanne.
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