11/04/1915 – Lettre de Marius à Camille

Marius évoque à Camille la mort de Maxime. Il pense qu’il est au courant de la terrible nouvelle. Il imagine la douleur de leur oncle qui a été un second père pour Maxime… mais aussi pour Camille, étant mineurs au moment du décès de leur père.
Hôtel des Voyageurs, Étaules,
Mon cher Camille,
J’ai reçu la carte que tu m’as envoyée avant de partir pour le front. Où es-tu maintenant, quel est ton secteur ? J’adresse ma lettre au 44e à Pontarlier en mettant faire suivre. J’espère qu’elle te parviendra.
Tu as dû savoir la terrible nouvelle de la mort de notre pauvre Maxime à Perthes, c’est une terrible chose que cette stupide guerre,qui fauche la fleur de la jeunesse.
La douleur de notre oncle doit être bien grande, lui qui avait servi de second père. Pour nous, nous garderons pieusement le souvenir de notre frère et enseignerons à nos enfants à honorer sa mémoire.
Tous les soirs, ta petite filleule et sa sœur Maximilienne prient le petit Jésus pour que leur parrain et tonton Camille ne soit pas tué par les Allemands, c’est te dire qu’elles pensent à toi. Reçois nos meilleurs baisers, ton frère Marius Zaleski.
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08/03/1915 – Lettre de Marius à Camille

Premier courrier de Marius, l’aîné de la fratrie. En garnison depuis novembre 1914, il finit par être réformé le 10 mars 1915 en raison d’une maladie de cœur.
Hôtel des Voyageurs, Étaules,
Mon cher Camille,
J’ai appris par mon oncle et Émilia que tu étais à Pontarlier. Je savais bien que tu étais de la classe 1915, mais j’ignorais ton lieu de garnison.
J’ai été moi aussi appelé le 29 novembre dernier au 69e de ligne à Nantes où j’ai été envoyé au 64e à Ancenis. Me trouvant malade, par suite des fatigues du métier militaire, j’ai été réformé le 10 du présent mois [février] pour une maladie de cœur [insuffisance aortique]. J’ai été bien près de partir au front, car j’ai été habillé.
Tu ne partiras sans doute pas avant la fin de mars ou même les premiers jours d’avril. D’ici ce temps, je ne sais ce qui se passera, mais enfin, s’il faut que tu partes, je suis sûr que tu iras d’aussi bon cœur que Charles et Maxime.
Je t’embrasse de tout cœur, ton frère Marius.