05/02/1915 – Lettre d’Émilia à Camille

Émilia adresse à son frère un mandat de dix francs. Elle aimerait pouvoir voir Maxime à Chartres avant son départ au feu.
Emilia, fille de Marian Zaleski La Rochelle,
Mon cher Camille,
Je n’ai que très peu de temps. Aussi je t’écris en hâte. Je t’envoie les dix francs que tu m’as demandé. SI tu avais besoin de quelque chose. Écris-moi.
Maxime est sur le point de partir sur le front. Je lui ai envoyé une dépêche pour lui demander si je pouvais aller le voir à Chartres et il ne m’a pas répondu. Je ne sais pas s’il est déjà parti.
Charles m’a écrit également. Sa lettre était datée du 27. Il est en bonne santé, mais il a froid.
Nous sommes ici tous en bonne santé. Nous t’embrassons tous. Ta sœur Émilia.
Marius est militaire. Je ne sais si je te l’ai dit. Il a quitté Nantes et est à Ancenis.

23/01/1915 – Lettre d’Émilia à Camille

Émilia houspille tendrement son frère qui ne se presse pas à lui écrire. Elle donne des nouvelles de ses frères et même de l’aîné, Marius, qui est parti au front alors qu’il avait été réformé. La France a besoin de tous ses enfants, qu’ils soient trop jeunes ou maladifs.
Emilia, fille de Marian ZaleskiLa Rochelle,
Mon cher Camille,
J’attendais de tes nouvelles  un peu détaillées, mais comme je ne vois rien venir, je te prie de m’en envoyer.
Je sais que tu fais partie du peloton des élèves-caporaux et que tu dois être très occupé. Néanmoins, tu pourrais me dire ce que tu fais et si tu veux que je t’envoie quelque chose. J’ai reçu ta valise contenant tes effets.
Le 8 janvier, je suis allée à Paris avec petit Riquet voir Charles qui était de passage dans cette ville et qui s’en allait sur le front. Depuis j’ai reçu deux cartes et j’attends avec impatience de ses nouvelles.
Tonton m’a écrit ce matin que Maxime était maintenant à Chartres en attendant de partir sur le front.
Il a reçu une lettre de Marius qui est soldat également et se trouve à Nantes. Il doit partir sur le front le 26 de ce mois. S’il y avait une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’est de savoir qu’il a été pris malgré qu’il a été réformé. Je lui ai écrit aujourd’hui.
Émile a été dimanche dernier à Aumagne chercher Dédé qui avait passé chez ses grands-parents une quinzaine de jours. Jeanne s’y trouvait. Elle est en bonne santé et a parlé avec Émile longuement de tous.
Dis-moi si ta santé est bonne. Ici nous nous portons tous bien, malgré qu’André ait été un peu souffrant ces jours derniers.
Émile, Dédé et même petit Riquet, qui marche presque seul maintenant, me chargent de t’embrasser.
Je t’embrasse affectueusement, ta sœur Émilia.